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 Le sommeil de l'enfant

« Dormir…pour bien grandir »

Parce que dormir est un besoin vital, le sommeil de l’enfant est très important. Il est réparateur, autant que constructeur. Dans la vie quotidienne d’un tout petit, les temps de sommeil sont des moments bien particuliers entre la découverte de la tranquillité et la crainte de se retrouver seul. Chaque enfant apprivoise le sommeil à sa manière. Pour certains, le lit devient le royaume du doudou et de la rêverie ; pour d’autres, chaque endormissement est source d’angoisses et de panique. Le sommeil s’inscrit dans l’histoire de chacun et selon la place qu’on lui accorde. C’est une aventure qui s’apprivoise dès le plus jeune âge où le rôle de l’adulte est fondamental. Un enfant couché parce qu’il est vraiment fatigué apprendra à maîtriser ses propres sensations de fatigue ; en revanche, un enfant mis au lit par punition ou parce qu’il tient une trop grande place dans l’environnement, ne se laissera pas forcément convaincre par les bienfaits d’un repos. Le sommeil implique de dormir et dormir c’est se couper du monde extérieur, c’est accepter « un lâcher-prise » imposé par le sommeil.

Les phases du sommeil sont toutes capitales. Le sommeil se structure au fil de l’âge. Qu’il soit diurne ou nocturne, le sommeil se déroule par cycle de 2 heures environ. Loin d’être un moment linéaire où il ne se passe rien, le sommeil se compose de trois phases. Chaque cycle comporte une période de sommeil lent ; une période de sommeil rapide, appelé paradoxal ou encore le sommeil de rêve. Et enfin, une période de sommeil intermédiaire entre deux cycles. Le sommeil lent comme le sommeil rapide sont l’occasion d’une réorganisation fonctionnelle du système nerveux. Ils assurent l’équilibre mental et physique de l’enfant.

Le sommeil lent se répartit en une phase de sommeil léger et une phase de sommeil profond. On passe d’une période d’endormissement rapide à la naissance, plus longue entre 9 mois et 3 ans, à une phase de rêverie confuse, puis à une période de sommeil profond. L’activité électrique du cerveau se ralentit au fur et à mesure que ce sommeil s’approfondit. Les mouvements du cœur et de la respiration se font réguliers et lents. Le sommeil rapide ou paradoxal (15/20 min) constitue un cycle se répétant 5 à 6 fois au cours de la nuit chez l’adulte, soit environ toutes les 90 minutes. Chez l’enfant, la durée des cycles entre deux phases de sommeil paradoxal est plus courte : environ 60 minutes. C’est le moment où l’on rêve. A la naissance, le sommeil paradoxal représente environ 50% du sommeil total. Cette proportion diminue peu à peu par la suite. La phase intermédiaire, de courte durée, se situe juste après le sommeil paradoxal. C’est la période du choix entre le réveil ou l’entrée dans une nouvelle phase de sommeil. 

 Le rôle spécifique de chaque phase de sommeil est indéniable et prouve bien que l’organisme a besoin que des cycles complets de sommeil soient respectés pour restaurer les capacités physiques et mentales de l’individu d’autant plus quand celui-ci est en construction !

 

Un « bon sommeil »

Une quantité adéquate de sommeil est insuffisante. Sa qualité est tout aussi importante. Un bon sommeil se repère chez l’enfant par sa position de nidation, un visage détendu, une succession des cycles de sommeil normaux, mais aussi un réveil effectué dans de bonnes conditions, c’est-à-dire un réveil spontané duquel l’enfant sort de bonne humeur, reposé et dynamique. Les signes d’endormissement doivent être clairement  identifiés et compris par l’entourage de l’enfant afin qu’ils puissent y répondre rapidement. Parmi ces signes : les bâillements, le frottement des yeux, le regard perdu et immobile, la tête et les paupières tombantes, le corps cherchant à se lover…De la qualité de l’endormissement dépend, en effet, en grande partie la qualité du sommeil car si l’enfant manque ce stade de l’endormissement, il devra attendre le passage du cycle suivant. Ce moment clé de l’endormissement doit être préparé par des rituels ! Ces derniers vont être propre à chaque enfant: l’histoire racontée, le câlin, la veilleuse, la musique douce de la berceuse, l’objet transitionnel que l’on sert fort contre soi, la succion du pouce ou de la tétine, le dernier verre ou encore, quand on veut encore retarder la séparation, l’ultime aller-retour aux toilettes pour les plus grands…. Ce moment doit-être vécu calmement, mais néanmoins dans la fermeté, pour apporter la quiétude dont l’enfant a besoin pour s’abandonner dans les bras de Morphée.

Les rythmes du sommeil s’installent jour après jour

De trois à six mois : le rythme jour/nuit

Vers 3 mois, l’enfant a un sommeil nocturne de 9 heures environ. C’est à ce moment que toutes les composantes du sommeil adulte se mettent en place.
Vers l’âge de 6 mois, son sommeil nocturne s’étend jusqu’à 12 heures. Dans le même temps, le sommeil se modifie en qualité. Les périodes de sommeil agité diminuent au profit d’un sommeil plus calme et profond. C’est l’alternance du jour et de la nuit, la régularité des repas, des temps de jeux, de promenade et du coucher qui vont aider le nourrisson à synchroniser tous ces rythmes. C’est un moment très important qui construit le futur sommeil de l’enfant. Il est souhaitable d’apprendre à respecter ses rythmes propres, sa qualité et sa quantité, en évitant les réveils intempestifs, les horaires perturbés, les décalages…

De six mois à 4 ans : un sommeil semblable à celui des parents

L’enfant va progressivement réduire son temps de sommeil diurne. Il passe de 3 à 4 siestes journalières vers 6 mois ; à 2 vers 12 mois, puis à une seule grande sieste vers 18 mois. La sieste du matin disparaissant et celle de l’après-midi s’allongeant. La quantité de sommeil diminue ensuite lentement après 6 mois, où elle est de 15 heures en moyenne, pour atteindre 13-14 heures vers 4 ans. Dès lors, la structure du sommeil nocturne ressemble beaucoup à celle de l’adulte. C’est le sommeil lent qui devient la première phase du sommeil, comme chez l’adulte. C’est aussi la période des réveils nocturnes et des difficultés d’endormissement.


De 4 à 12 ans : un sommeil réparateur

L’enfant dépense beaucoup d’énergie dans la journée et s’endort rapidement le soir. La durée globale de sommeil devient progressivement inférieure à 12 heures.

                                                                                       Article rédigé à partir d’articles parus dans "Les pro de la Petite Enfance"