> Des câlins, encore des câlins !

enfant câlin

Est-ce une bonne idée de proposer un câlin à un enfant qui vient de taper ou mordre ?

C’est une question qui se pose souvent. En effet, spontanément le professionnel a rarement l’idée ou l’envie de proposer un câlin à un enfant lorsque celui-ci vient d’«embêter» d’autres enfants. D’une part, il est le plus souvent lui-même énervé par les comportements de cet enfant. D’autre part, «faire vivre à l’enfant quelque chose de désagréable» est souvent pensé nécessaire pour lui montrer son mécontentement.  Il a trop longtemps été pensé qu’il fallait remordre l’enfant, le punir, l’isoler, un peu comme une réponse en miroir à son comportement : « Œil pour œil, dent pour dent ». Il a embêté, alors il devrait être embêté à son tour. Ce serait le moyen de faire comprendre à l’enfant ce qui est interdit. Mais c’est alors lui donner un modèle de spirale d’énervement ou d’agressivité.

Au contraire plus un enfant est tendu, énervé, speed, agité, plus il a des comportements « casse-pieds », pénibles, dérangeants », plus cet enfant a absolument besoin de l’adulte pour s’apaiser en douceur. Certains enfants parviennent moins que d’autres à contrôler eux-mêmes leurs gestes, leurs comportements.  Ils ne peuvent retenir leurs comportements impulsifs. Ils ont alors d’autant plus besoin de l’adulte pour les aider à se contenir. Et cela même lorsqu’il n’y a pas de raison apparente et lorsque les comportements difficiles et agressifs paraissent « gratuits ».
Les bras accueillants de l’adulte permettent à l’enfant se rassurer, de se calmer, d’apaiser ses tensions. L’adulte propose des câlins aux enfants parce que ceux-ci en ont besoin.

Les câlins ne sont pas des récompenses données à l’enfant parce que l’adulte le trouve gentil. L’enfant qui a fait mal à un autre enfant, a encore plus besoin que nous soyons en relation avec lui, en proximité, que nous lui proposions nos bras, que nous l’aidions à se tranquilliser (tout en rappelant clairement les interdits). Il a besoin de sentir que notre relation avec lui, notre attachement sont indemnes, entiers, malgré son comportement. Lui proposer nos bras, c’est lui montrer qu’il est toujours digne de notre attention, de notre intérêt.  

Bien sûr, si nous lui proposons des câlins uniquement lorsqu’il mord ou tape, l’enfant risque d’associer gestes agressifs et réponses câlins, ce serait effectivement dommage.  Cet enfant a bien évidemment besoin que nous nous préoccupions de lui, nous lui montrons notre intérêt, par notre attention et nos câlins, à d’autres moments de la journée pour qu’il se sente soutenu, contenu, rassuré.
Un enfant ne vient pas « provoquer », attirer l’attention pour le plaisir mais parce qu’ il en a besoin et le manifeste peut-être ainsi.
Les enfants ont besoin de bénéficier, de sentir l’attachement des professionnels à leur égard. Ils sentent ainsi qu’ils comptent pour les adultes, et qu’ils peuvent compter sur eux.

                                                                                   
                                                                                                     Article publié dans les Pros de la petite enfance

 

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